La Comtesse de Ségur

 
 
 
Le Général Dourakine
page 177

 

Romane sourit et regarda Natasha, qui sourit aussi.

«Eh bien! personne ne répond? dit le général.

— A quand fixez-vous le noce, mon père? dit Mme Dabrovine. Le Général: «A une quinzaine, pour avoir largement le temps de tout organiser.»

Madame Dabrovine: «Largement! une quinzaine! Mais, mon père, je n'ai pas le temps d'avoir le trousseau de Natasha.»

Le Général: «Eh bien, Romane la prendra sans trousseau! N'est-ce pas, Romane?»

Pour toute réponse, Romane proposa d'aller de suite porter la bonne nouvelle au curé et aux Moutier. Le général, Mme Dabrovine, les enfants, les Dérigny, voulurent être de la partie, on y alla en deux voitures. Le général annonça à tous les gens du pays qu'il rencontra que le mariage de sa petite-fille aurait lieu dans quinze jours, et les invita à la noce, y compris le repas.

Dérigny se mit en campagne pour organiser une fête qui laissât de bons et glorieux souvenirs dans le pays. Le général fit venir le notaire.

«Je donne, dit-il, quatre millions à ces enfants, dont deux à Romane et deux à Natasha. Le reste de mes treize millions sera pour la mère et pour les garçons, sauf quelques legs à mes amis.»

Le temps fut superbe le jour du mariage, tout le pays était invité à la noce; on dressa des tables sous des tentes dans la prairie devant le château; le repas fut magnifique. Natasha et Romane avaient demandé au général que les pauvres eussent une large part dans la dépense; cinquante familles reçurent par l'entremise du curé des sommes considérables qui les tirèrent de la misère; les pauvres de la commune furent particulièrement favorisés. Après le repas, on dansa jusqu'au lendemain, comme aux noces d'Elfy, mais le général, devenu plus vieux, ne dansa ni ne valsa.

 

 

 

 

 

 

 

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