La Comtesse de Ségur

 
 
 
Le mauvais génie
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MADAME BONARD. — Pourquoi cela? Il n'avait rien fait de mal, que je sache.

BONARD. — Pas de mal? Tu ne sais donc pas qu'il a perdu une dinde, et la plus belle encore?

MADAME BONARD. — Perdu une dinde! Comment as-tu fait, petit malheureux?

JULIEN. — Je ne sais pas, maîtresse. Je les ai toutes ramenées, le compte y était. Frédéric peut le dire, je les ai comptées devant lui. N'est-il pas vrai, Frédéric?

FRÉDÉRIC. — Ma foi, je ne m'en souviens pas.

JULIEN. — Comment? Tu ne te souviens pas que je les ai comptées tout haut devant toi, et que les quarante-huit y étaient?

FRÉDÉRIC. — Ecoute donc, je ne suis pas chargé des dindes, moi; ce n'est pas mon affaire, et je n'y ai pas fait attention.

MADAME BONARD. — Par où aurait-elle passé puisque tu n'as pas quitté la cour?

JULIEN. — Pardon, maîtresse, je me suis absenté l'espace d'un quart d'heure pour aller chercher la blouse de Frédéric, qu'il avait laissée dans le champ.

MADAME BONARD. — As-tu vu entrer quelqu'un dans la cour, Frédéric?

FRÉDÉRIC. — Je n'en sais rien; je suis parti tout de suite avec le collier pour le faire arranger.

MADAME BONARD. — C'est singulier! Mais tout de même, je ne veux pas que mes dindes se perdent sans que je sache où elles ont passé. C'est toi que cela regarde, Julien. Il faut que tu me retrouves ma dinde ou que tu me la payes. Va la chercher dans les environs, elle ne doit pas être loin.

 

 

 

 

 

 

 

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