La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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XIV - POLONAIS RECONNAISSANTS

Ils se dépêchèrent si bien qu'ils arrivèrent à la maison juste à temps pour dîner. Six heures sonnaient comme ils entraient au salon. Coz et Prudence, qui avaient longtemps couru à la recherche des enfants, étaient rouges et suants; il allèrent chacun chez soi pour changer de linge, mais? Coz n'eut que le temps de se baigner le visage; on l'appela et il accourut dans la salle à manger; où Mme Bonbeck se mettait à table avec Boginski et les enfants.

MADAME BONBECK. — Vous voila, mon ami Coz? Quelle diable de figure vous avez! Plus rouge que vos cheveux! Où avez-vous été pour vous mettre en cet état?

COZ. — Moi pas rouge, Mâme Bonbeck; moi pas état, moi comme toujours.

MADAME BONBECK. — Je n'ai pourtant pas la berlue; je vous dis que vous êtes rouge comme un homme qui a couru la poste. Et Je veux savoir pourquoi vous êtes rouge. Que diable! J'ai bien le droit de savoir pourquoi vous êtes rouge.

COZ. — Moi peux pas savoir, Mâme Bonbeck.

MADAME BONBECK. — Ah! je vois bien; on me cache quelque chose. Simplicie, qu'est-ce que c'est? Je veux que tu me le dises.

SIMPLICIE. — Je ne sais rien du tout, ma tante; M. Coz est rouge parce qu'il a chaud probablement.

MADAME BONBECK. — Et pourquoi a-t-il chaud?

SIMPLICITÉ. — Je ne sais pas, ma tante; probablement parce qu'il fait chaud.

MADAME BONBECK. — Alors pourquoi n'es-tu pas rouge, ni Innocent non plus?

 

 

 

 

 

 

 

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