La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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XVIII - LA FUITE

Le lendemain de bonne heure, Coz fut éveillé par trois légers coups frappés à sa porte. Il se leva, passa ses habits, entrouvrit la porte et vit avec surprise Prudence qui lui faisait signe de la suivre.

Il voulut parler, elle lui fit signe de garder le silence. Surprit de ce mystère, Coz la suivit sans bruit jusque, dans la chambre où était Simplicie tout habillée, défigurée par les soufflets que lui avait donnés sa tante, et surtout par les larmes quelle n'avait cessé de répandre depuis la veille. Prudence, pâle et défaite, avait passé la nuit à la plaindre, à la consoler; elle avait enfin consenti à quitter avec Simplicie la maison détestée de la tante Bonbeck et à chercher un refuge chez Mme de Roubier, en qualité de voisine de campagne. Il leur fallait l'aide de Coz pour descendre leur malle, avoir une voiture et les mener chez Mme de Roubier. Prudence avait fait la malle pendant la nuit, car Simplicie, terrifiée par la violence de sa tante, ne voulait pas la revoir, et il fallait être parties avant huit heures pour l'éviter à son réveil.

— Mon bon Coz, dit Prudence à voix basse, vous voyez l'état dans lequel Mme Bonbeck à mis ma pauvre jeune maîtresse; elle veut s'en aller, je veux l'emmener; il faut que vous nous aidiez. Allez nous chercher une voiture, descendez-nous notre malle et venez avec nous chez Mme de Roubier. J'ai peur qu'on ne veuille pas nous y garder; alors que deviendrions-nous dans ce maudit Paris, seules, abandonnées? Ayez pitié de nous, mon bon Coz, aidez-nous à partir d'ici et ne nous abandonnez pas.

 

 

 

 

 

 

 

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