La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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XXI - VISITE A LA PENSION. DETTES D'INNOCENT.

SIMPLICIE. — Prudence, il y a quinze jours que nous n'avons vu Innocent; si nous allions lui faire une visite au collège?

PRUDENCE. — Très volontiers; nous irons avec Coz, de peur de nous perdre.

Prudence alla prévenir Coz; Simplicie prit son chapeau et son mantelet, et ils se mirent en route, Coz suivant Simplicie et Prudence. La promenade était longue, mais il faisait un temps superbe, et Simplicie était contente de marcher et de respirer. Ils arrivèrent à la pension, furent introduits dans le parloir et attendirent Innocent.

Quand il entra, Prudence et Simplicie poussèrent toutes deux une exclamation de surprise.

SIMPLICIE. — Ah! comme tu es changé! Est-ce que tu as été malade?

PRUDENCE. — Hélas! mon pauvre Monsieur Innocent, êtes-vous pâle et maigre!

INNOCENT. — J'ai passé huit jours à l'infirmerie.

SIMPLICIE. — Pourquoi? Qu'est-ce que tu as eu?

INNOCENT. — Les élèves m'ont tant battu avec leurs règles, que j'étais tout meurtri depuis les épaules jusqu'aux jarrets.

— Les misérables! s'écria Prudence.

SIMPLICIE. — Pourquoi t'es-tu laissé faire?

INNOCENT. — Comment pouvais-je les empêcher? Ils étaient plus de vingt après moi.

SIMPLICIE, — Pourquoi le maître ne t'a-t-il pas secouru?

INNOCENT. — Il avait été obligé de sortir pour chercher le chef d'institution; toute la classe s'est révoltée; ils ont manqué l'assommer.

 

 

 

 

 

 

 

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