La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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XXIII - VISITE IMPRÉVUE

Simplicie était restée seule à la maison; elle préparait l'appartement pour la réception de son frère, dont elle attendait le retour avec impatience. Des pas se firent entendre sur l'escalier.

«C'est Innocent, je reconnais son pas», dit Simplicie en courant joyeusement ouvrir la porte. «C'est toi. Innocent! Ah!»

Et Simplicie, terrifiée, repoussa la porte et alla se cacher dans le lavoir.

La porte ne tarda pas à se rouvrir; les mêmes pas se firent entendre dans l'appartement, mais plus précipités; Simplicie entendait aller, venir, chercher, fureter. Plus morte que vive, elle se gardait bien de bouger, car, en courant au-devant d'Innocent, elle avait vu apparaître sa tante, accompagnée de Boginski.

MADAME BONBECK — Où diable a-t-elle passé? Cherchez donc, Boginski. Vous êtes là comme un bonhomme de plâtre; regardez partout, ouvrez tout.

BOGINSKI. — Je vois rien, Mâme.

MADAME BONBECK. — Voyez dans ce cabinet; c'est un sale lavoir, elle y est peut-être.

Boginski entra, aperçut Simplicie blotti dans un coin; elle joignait les mains d'un air suppliant pour qu'il ne la dénonçât pas, Boginski, qui était bon garçon et qui, savait combien elle serait malheureuse si sa tante la reprenait, fit un petit signe rassurant à Simplicie, eut l'air de chercher partout, remua les marmites, les casseroles; il mit une marmite sur la tête de Simplicie, un balai devant ses jambes, il accrocha un torchon à la marmite.

— Rien, dit-il, personne; c'est étonnant!

 

 

 

 

 

 

 

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