La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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XXIV - RETOUR DE PRUDENCE ET DE COZ

Pendant que Simplicie se trouvait au pouvoir de Mme Bonbeck, Coz et Prudence, informés par Boginski de ce qui s'était passé, employaient leurs efforts réunis pour briser la porte on faire sauter la serrure afin de délivrer Simplicie, dont ils avaient entendu le cri de détresse. Prudence courut chercher du renfort; elle ne trouva que le concierge, qui monta précipitamment avec une seconde clef de l'appartement. La clef tourna, mais le verrou était mis; comment l'ouvrir? Coz, désespéré, donna un si vigoureux coup d'épaule que la porte tomba: toute la ferrure s'était brisée; ils se précipitèrent dans l'appartement, personne; ils ouvrirent la porte de la chambre à coucher personne encore; mais la porte du perron, restée ouverte, leur apprit l'enlèvement de la malheureuse Simplifie.

Tous restèrent consternés,

— Je cours, dit enfin Boginski; Mâme Bonbeck emporté pauvre Mam'selle, moi la rapporter.

Prudence pleurait. Innocent se désolait; Coz restait pensif, les bras croisés, la tête baissée.

— Mâme Prude, dit-il d'un air résolu, moi vous aider. Moi courir chez Bonbeck, moi demander Mam'selle; si Bonbeck pas vouloir donner, moi tout casser, ouvrir portes, arracher Mam'selle et amener ici.

PRUDENCE. — C'est impossible, mon pauvre Coz; Mme Bonbeck porterait plainte contre vous, et comme Polonais, vous seriez condamné et puis chassé hors de France.

COZ. — Moi pas vouloir quitter France; moi rester chez papa de Mam'selle et M. Nocent. Alors, moi quoi faire pour aider?

 

 

 

 

 

 

 

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