La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
page 189

 

XXV - CONCLUSION

Nos quatre voyageurs, heureux et radieux prirent leurs places et s'installèrent dans un wagon: aucun incident fâcheux ne contraria leur bonheur; leurs compagnons de route ne disaient rien et ne les gênaient pas. Prudence, toujours digne de son nom, avait emporté abondance de provisions; la joie, au lieu de leur ôter l'appétit, le développa si bien, que le panier à ventre rebondi se trouva vide en arrivant. Du chemin de ils passèrent à la diligence; cette fois, ni Mme Courtemiche ni Polonais ne l'encombraient, et on descendit sans autre aventure à la ville où les attendait la voiture de M. Gargilier. Innocent et Simplicie manquèrent de sauter au cou du cocher, tant ils furent heureux de revoir un visage ami. Prudence l'embrassa sur les deux joues.

— Bonjour, mon cousin.

— Bonjour, ma cousine.

En Bretagne comme en Normandie, on est cousin et cousine à trois lieues à la ronde, vu que les parentés ne se perdent jamais et que vingt générations ne détruisent pas le lien primitif du vingtième ancêtre.

Germain, le cocher, ayant Coz à sa gauche sur le siège partit au grand trot; les chevaux s'animèrent, Germain perdit la tête lâcha les guides; les chevaux s'emportèrent, allèrent comme le vent et auraient jeté la voiture dans un fossé de vingt pieds de profondeur, si Coz n'eût saisi les rênes, n'eut maintenu et calmé les chevaux et ne les eût remis au trot raisonnable de bons normands.

Prudence et les enfants n'avaient pas perdu une si belle occasion pour crier et appeler au secours.

— Vous pas crier, disait Coz; chevaux s'effrayer, courir plus vite.

 

 

 

 

 

 

 

Infos Site  |  Infos Légales  |  Crédits  |  Confidentialité
Contactez-nous  |  Ajouter aux favoris
© 2010-2018 La Comtesse De Ségur - Tous droits réservés