La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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IV - ARRIVÉE ET DÉSAPPOINTEMENT

Simplicie et Innocent achevèrent leur voyage silencieusement comme ils l'avaient commencé. Ils furent enchantés d'arriver enfin à Paris, objet de leurs voeux. Ils s'attendaient à voir leur tante avec ses gens et une voiture, les attendant à la gare. Personne ne vint les réclamer. Les enfants, étaient désappointés; Prudence était effrayée. Qu'allaient-ils devenir, au milieu de ce monde agité, de ce bruit? Heureusement, les Polonais étaient encore à ses côtés et l'aidèrent, comme à Redon, à sortir d'embarras. Quand elle eut sa malle, quand les Polonais lui eurent fait avancer un fiacre et l'y eurent fait entrer en lui demandant où il fallait aller, la pauvre Prudence resta terrifiée; elle avait oublié l'adresse dela, tante des enfants et elle ne retrouvait pas sur elle la lettre que M. Gargilier lui avait remise pour sa soeur.

La terreur de Prudence gagna les enfants; ils se mirent à pleurer. Le cocher s'impatientait; les Polonais ne bougeaient pas; un nouvel espoir se glissait dans leur coeur. Prudence serait obligée de coucher dans un hôtel, ils lui offriraient de la garder jusqu'à ce qu'elle eût retrouvé la tante perdue, et ils vivraient jusque-là sans rien dépenser.

— Que faire? où aller? s'écria Prudence éperdue.

— Malheureux voyage! s'écria Simplicie.

— Où coucherons-nous? s'écria Innocent.

— Ça pas difficile, dit un des Polonais. Moi connaître hôtel excellent pour coucher et manger.

— Excellents Polonais! sauvez-nous. Menez-nous dans quelque maison où mes jeunes maîtres soient en sûreté, et ne nous quittez pas, ne nous abandonnez pas.

 

 

 

 

 

 

 

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