La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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V - MADAME BONBECK

Prudence acheva de tout ranger dans la malle, que les Polonais chargèrent sur leurs épaules, et tous descendirent l'escalier noir et tortueux, qui les mena jusque dans la rue. La malle fut posée à terre; Cozrgbrlewski courut chercher un fiacre, qu'il ne tarda pas à amener à la porte; on plaça la malle sur l'impériale; Prudence, Innocent, Simplicie et les Polonais s'entassèrent dans le fiacre.

«15, rue Godot!» cria Boginski; et le fiacre partit. A dix heures sonnantes, il s'arrêta à l'adresse indiquée. Tous descendirent; on prit la malle.

— Mme Bonbeck? dit Boginski au portier après avoir payé le fiacre avec l'argent de Prudence.

— Au cinquième, au bout du corridor, première porte à gauche, répondit le portier sans regarder les entrants.

Tous montèrent; au troisième étage, ils commencèrent à ralentir le pas, à souffler à s'arrêter.

— Comme ma tante demeure haut! dit Simplicie.

— L'escalier est joli et clair! dit Innocent.

— Diable de Paris! marmotta Prudence. Tout y est incommode et pas du tout comme chez nous. Cette idée de bâtir des maisons qui n'en finissent pas; étage sur étage! Ça n'a pas de bon sens!

— Ouf! dirent les Polonais en déposant lourdement leur charge à la porte de Mme Bonbeck;

Boginski, qui, était au fait des usages de Paris, tira le cordon de la sonnette; une femme assez sale et d'apparence maussade vint ouvrir,

— Qui demandez-vous? dit-elle d'un ton bref. C'est vous qui êtes venu hier soir pour parler à Madame?

 

 

 

 

 

 

 

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