La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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VIII - PREMIÈRE VISITE

Après déjeuner, Simplicie, voyant que sa tante s'apprêtait à reprendre son violon, lui demanda la permission d'aller voir ses amies avec sa bonne.

— Tes amies! Quelles amies as-tu ici?

— Mlles de Roubier, et bien d'autres que je vois à la campagne.

— Va, va, ma fille, fais ce que tu voudras; je ne suis pas un tyran, moi; j'aime la liberté. Boginski, nous allons faire de la musique pendant une heure ou deux. Vous, Coz, vous allez accompagner Simplicie avec Prude, et vous prendrez garde à ne pas laisser recommencer les sottises d'hier.

— Madame Bonbeck, c'est pas ma faute à moi; c'est robe drôle et manières et tout; messieurs regarder, rire, gamins moquer et courir, Mam'selle Simplette doit pas mettre robe comme hier.

— Ah! c'est pour ça. Attendez, j'y vais, moi, et je vais la faire habiller comme il faut.

Mme Bonbeck se dirigea comme une flèche vers la chambre où Simplicie achevait de boutonner sa robe de satin marron.

MADAME BONBECK. — Qu'est-ce que c'est que cette toilette, Mademoiselle? Etes-vous folle? Allez-vous vous faire suivre et huer, comme hier, par tous les polissons des rues? Ôtez-moi cela! Prude, enlève cela et habille-la devant moi.

SIMPLICIE. — Mais, ma tante.

MADAME BONBECK. — Il n'y a pas de mais, tu vas défaire cette robe et en mettre une autre tout de suite, devant moi.

PRUDENCE. — Mam'selle n'a pas de robe plus simple, Madame; c'est sa moins belle.

 

 

 

 

 

 

 

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