La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
page 67

 

IX - SCÈNES DÉSAGRÉABLES

Lorsque Simplicie fut en voiture avec Prudence, elle lui reprocha de l'avoir envoyé chercher si tôt et d'avoir laissé entrer le Polonais chez ses amies.

PRUDENCE. — Et que fallait-il donc que je fisse, Mam'selle? Je n'osais pas entrer, moi.

SIMPLICIE. — Mais pourquoi si tôt?

PRUDENCE. — Parce que M. Coz était allé chercher une voiture, et le cocher tempêtait à la porte parce qu'on le faisait attendre.

SIMPLICIE. — Par exemple! celui qui nous a amenées à ta pension d'Innocent a attendu bien plus longtemps et il n'a rien dit.

PRUDENCE. — Parce qu'on l'avait prévenu qu'on lui payait l'heure, Mam'selle.

SIMPLICIE. — Et pourquoi Coz ne l'a-t-il pas dit à celui-ci?

PRUDENCE. — Parce que, Mam'selle, quand on prend un cocher à l'heure, c'est plus cher que quand on le prend à la course.

SIMPLICIE. — Qu'est-ce que ça fait?

PRUDENCE. — Ça fait que monsieur votre papa ma bien recommandé de ménager l'argent, et que nous en avons terriblement dépensé jusqu'à présent.

SIMPLICIE. — Ah bah! Nous ne dépenserons plus rien maintenant que nous sommes chez ma tante.

PRUDENCE. — Pardon, Mam'selle; votre papa m'a ordonné de payer la moitié de la dépense chez madame votre tante, qui n'est pas assez riche pour nous garder sans rien payer.

SIMPLICIE. — C'est tout de même ennuyeux. Ce Polonais est ridicule; ces demoiselles se sont moquées de lui... et de moi aussi bien certainement.

 

 

 

 

 

 

 

Infos Site  |  Infos Légales  |  Crédits  |  Confidentialité
Contactez-nous  |  Ajouter aux favoris
© 2010-2018 La Comtesse De Ségur - Tous droits réservés