La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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X - INNOCENT AU COLLÈGE

Deux jours après, Simplicie eut sa robe. Prudence avait passé presque toute la nuit à la terminer, et le lendemain, elle eut à supporter une bonne gronderie de Mme Bonbeck, qui ne voulait pas qu'on veillât à cause de la chandelle ou de l'huile qu'on brûlait. Simplicie, qui s'était ennuyée pendant deux jours et qui avait plus d'une fois regretté ses parents à la campagne, fut enchantée de s'habiller pour aller voir Innocent à la pension. Cette fois elle n'alla pas en voiture, elle ne s'arrêta pas à toutes les boutiques, et Coz, qui les accompagnait, n'eut pas à faire taire des gamins ni à dissiper des attroupements. Ils arrivèrent sans aventure à la pension et demandèrent Innocent; on les fit entrer au parloir, et ils attendirent.

Pendant que ces dames attendent, nous allons raconter comment Innocent avait passé ses premiers jours avec ses nouveaux camarades.

Quand le maître de pension ramena Innocent dans la cour où jouaient les élèves, il les appela tous:

— Messieurs, leur dit-il, je vous recommande de l'indulgence et de la charité envers ce nouveau camarade que je vous amène; vous l'avez déjà bousculé et maltraité. Je ne veux pas ces plaisanteries brutales qui nuisent à la bonne renommée de ma maison,

— Nous n'avons rien fait. Monsieur; nous avons joué entre nous, s'écrièrent les élèves.

— Ce n'est pas vrai, dit Innocent; vous m'avez tiré ma redingote, vous m'avez jeté à terre, vous avez enfermé Prudence, Simplicie et le Polonais dans la cour.

— Tu mens, dit un grand élève, ce n'est pas nous, qui avons fait cela.

 

 

 

 

 

 

 

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