La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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XII - LE PARLOIR

Après dîner. Innocent s'était retiré tristement dans un coin de la cour, lorsqu'il entendit appeler:

«Monsieur Gargilier, au parloir!»

Ses yeux brillèrent, et il s'élança vers la porte qui menait au parloir. En l'ouvrant il se trouva en, face de Simplicie, de Prudence et de Cozrgbrlewski.

— Simplicie, Prudence, s'écria-t-il avec un accent de joie qui les surprit, que je suis content de vous voir! Bonjour, Monsieur Coz. Comment allez-vous vous? Comment va ma tante?

SIMPLICIE, — Nous allons bien et ma tante va bien. Qu'est-ce qui te prend? Pourquoi es-tu si content de nous voir?

INNOCENT. — Oh oui! je suis content! Si tu savais comme c'est triste d'être seul, sans amis, sans personne qui vous aime, qui s'intéresse à vous!

SIMPLICIE. — Comment, seul? Vous êtes près de cent ici.

INNOCENT. — On est plus de cent, plus de mille dans la rue et pourtant on est comme si on était seul.

COZRGBRLEWSKI. — Tiens, tiens! vous pas content, Monsieur Nocent? Vous pas aimer être sans soeur et sans bonne femme?

INNOCENT. — Je m'ennuie. Je suis seul.

SIMPLICIE. — C'est bien ta faute! Pourquoi as-tu voulu venir à Paris et en pension? Et moi aussi, je m'ennuie, et joliment va?

INNOCENT. — Tu as ma tante, toi.

SIMPLICIE. — Oui, c'est agréable, ma tante! Elle me donne des soufflets, elle me gronde. Je la déteste.

INNOCENT. — Tu as Prudence.

 

 

 

 

 

 

 

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