La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les malheurs de Sophie
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PAUL. — Donne-la-moi, que je la voie mieux.

SOPHIE. — Non, tu la casserais.

PAUL. — Je t'assure que j'y prendrai bien garde; je te la rendrai tout de suite.

Sophie donna la poupée à son cousin, en lui recommandant encore de prendre bien garde de la faire tomber. Paul la retourna, la regarda de tous les côtés, puis la remit à Sophie en secouant la tête.

SOPHIE. — Pourquoi secoues-tu la tête?

PAUL. — Parce que cette poupée n'est pas solide; je crains que tu ne la casses.

SOPHIE. — Oh! sois tranquille, je vais la soigner tant, tant que je ne la casserai jamais. Je vais demander à maman d'inviter Camille et Madeleine à déjeuner avec nous, pour leur faire voir ma jolie poupée.

PAUL. — Elles te la casseront.

SOPHIE. — Non, elles sont trop bonnes pour me faire de la peine en cassant ma pauvre poupée.

Le lendemain, Sophie peigna et habilla sa poupée, parce que ses amies devaient venir. En l'habillant, elle la trouva pâle. «Peut-être, dit-elle, a-t-elle froid, ses pieds sont glacés. Je vais la mettre un peu au soleil pour que mes amies voient que j'en ai bien soin et que je la tiens bien chaudement.» Sophie alla porter la poupée au soleil sur la fenêtre du salon.

«Que fais-tu à la fenêtre, Sophie?» lui demanda sa maman.

SOPHIE. — Je veux réchauffer ma poupée, maman; elle a très froid.

LA MAMAN. — Prends garde, tu vas la faire fondre.

 

 

 

 

 

 

 

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