La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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PRUDENCE. — Et aucun d'eux n'a eu le coeur de vous défendre? Tous se sont mis contre vous?

INNOCENT. — Au commencement, oui; après, quand ils m'ont entendu tant crier, plusieurs, sont venus à mon secours et ils ont chassé les méchants garçons qui me frappaient toujours.

PRUDENCE. — Mais, mon pauvre Monsieur Innocent, vous ne pouvez pas rester dans cette caverne d'assassins! ils vous tueront, mon pauvre petit maître; ils vous tueront. Il faut sortir.

INNOCENT. — J'ai écrit à papa pour le supplier de me faire revenir à Gargilier; j'attends sa réponse. C'est étonnant que Je ne l'aie pas encore! Et toi aussi, Simplicie, comme tu es changée! Tu es très maigrie; tes joues ne sont plus grosses. Et puis tes cheveux! Pourquoi les as-tu coupés?

Simplicie raconta à Innocent les événements qu'il ignorait et la fuite de chez sa tante.

— Tu vois, dit-elle en finissant, que je n'ai pas été beaucoup plus heureuse que toi; j'ai aussi écrit à maman de me faire revenir; si maman le veut bien, nous nous en retournerons ensemble. Dieu! que je serai contente de me retrouver près de maman!

Et elle se mit à pleurer.

— Et moi donc! Serai-je heureux d'être chez nous! dit Innocent, qui pleura de compagnie avec sa soeur. Quel voyage, mon Dieu! Quel bonheur de le voir fini!

Prudence sanglota. Pendant que tous trois versaient des larmes amères, la porte du parloir s'ouvrit, et Coz entra suivi du portier.

— Pourquoi tous pleurer? s'écria Coz. Qui tourmenter Mam'selle, Mme Prude, M Nocent? Moi quoi peux faire.

 

 

 

 

 

 

 

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