La Comtesse de Ségur

 
 
 
Les deux nigauds
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PRUDENCE. — Ce n'est rien, hi, hi, hi, mon bon Coz. Nous sommes, hi, hi, hi, très heureux... Il n'y a, hi, hi, hi, rien à faire.

COZ. — Mme Prude tromper Coz; tous trois pas pleurer quand heureux. Coz pas bête; moi sais quoi c'est pleurer, quoi c'est souffrir.

INNOCENT. — Je vous assure, Coz, que nous pleurons de joie à la pensée de revenir bientôt chez nous; vous comprenez bien cela, n'est-ce pas?

— Oui, dit Coz avec tristesse; moi comprendre, mais moi Jamais heureux comme vous; moi jamais, revenir chez parents, amis, pays; jamais. Moi toujours seul, toujours triste; personne plaindre Coz; personne aimer Coz.

— Mon pauvre Coz, dit Prudence attendrie, Mam'selle et moi nous vous aimons beaucoup, et nous vous plaignons, je vous assure.

— Et vous partir, et moi rester; vous rire, et moi pleurer! répondit Coz.

— J'ai demandé à maman la permission de vous emmener, s'écria Simplicie avec empressement.

— Vrai, Mam'selle? Alors moi content.

Et le visage de Coz s'éclaircit.

Le portier attendait à la porte la fin de ce dialogue; voyant qu'il se prolongeait, il fit: quelques pas et présenta à Innocent une feuille de papier pleine de chiffres.

INNOCENT. — Que me donnez-vous là, père Frimousse.

LE PORTIER. — C'est la note de ce que vous avez consommé. Monsieur. Faut-il pas que je sois payé à la longue?

INNOCENT. — Moi! Je n'ai jamais mange qu'une seule fois de vos croquets, tartes, etc., et je n'ai eu aucune envie de recommencer.

 

 

 

 

 

 

 

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